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La Mission héliographique de 1851

Gustave Le Gray, Auguste Mestral, Pont-Neuf, Cahors, négatif papier ciré, calotype, 31×41 cm, 1851, Charenton-le-Pont, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (en dépôt au musée d’Orsay).
© Ministère de la Culture (France). Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diffusion RMN-GP.

          Le XIXe siècle est marqué par le développement de la notion de patrimoine. La volonté de conserver ce patrimoine en danger naît d’abord en réaction au vandalisme révolutionnaire de la fin du XVIIIe siècle. Elle se développe ensuite dans la première moitié du XIXe siècle dans les milieux savants. Pour apporter une légitimité à ces nouvelles idées, la Commission des monuments historiques est créée en 1837 dans le but de sélectionner les édifices qui doivent être classés afin qu’ils bénéficient d’interventions de restauration. Pour cela, leur représentation est indispensable pour bien les appréhender et surtout en garder une trace.

Gustave Le Gray, Auguste Mestral, Porte d’entrée, Pont Valentré, Cahors (Lot), tirage sur papier albuminé, 36,4×27,1 cm, 1851, tirage photographique vers 1880, Charenton-le-Pont, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
© Ministère de la Culture (France). Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diffusion RMN-GP.

          C’est dans cette optique que la toute jeune photographie entre en jeu dans la protection du patrimoine. L’apparition de cette nouvelle technique en 1829, date de la première photographie par Joseph-Nicéphore Nièpce (1765-1833), bouleverse véritablement l’étude et l’approche des monuments historiques à cette époque. Dans le sillage des innovations que connaît la photographie, l’État effectue en 1851 une commande auprès de cinq photographes, dans le cadre de la Mission héliographique (l’héliographie est le premier procédé photographique obtenu par la gravure).

          Ils doivent réaliser des clichés de 175 monuments français présélectionnés en vue de leur restauration. Parmi eux, Gustave Le Gray (1820-1884) et Auguste Mestral (1812-1884) sont envoyés dans le Midi et passent donc par le Lot. La particularité de ces deux photographes est qu’ils laissent une place importante au paysage environnant les monuments. À Cahors, ils immortalisent des édifices au caractère patrimonial fondamental tels que le pont Valentré et le pont Neuf.

          La représentation du paysage à travers la photographie passe en grande partie par l’architecture dans les premières décennies suivant son invention. La Mission héliographique reste très peu connue aujourd’hui car les clichés rapportés par les photographes sont alors directement livrés à l’administration et disparaissent ensuite pendant plus d’un siècle, avant leur redécouverte dans les années 1980.

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