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Les affiches de train

Charles-Jean Hallo, Pont Valentré, lithographie, papier, affiche, 104×73 cm, 1928, localisation inconnue.
© Archives départementales du Lot. Photo Nelly Blaya.
Constant-Duval, Saint-Cirq-Lapopie, Vallée du Lot, lithographie, papier, affiche, 99×60 cm, 1914, localisation inconnue.
© Archives départementales du Lot. Photo Nelly Blaya.

          Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la Révolution industrielle s’accompagne de la diffusion des transports ferroviaires. Dans le Lot, dès 1886, la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (ou Compagnie d’Orléans) ouvre une ligne entre Cahors et Capdenac, puis entre Figeac et Brive, en passant par Rocamadour. Enfin, Cahors est une étape entre Toulouse et Paris.
          Pour promouvoir ces réseaux naissants, dès les années 1880, les compagnies ferroviaires françaises lancent des campagnes publicitaires constituées de grandes affiches placardées dans les gares.
          Leur objectif est d’étendre la fréquentation ferroviaire et de faire venir les touristes dans de nouvelles régions. Par la mise en lumière de territoires, elles sont aussi des supports de diffusion et de valorisation de patrimoines paysagers locaux. Aussi, dans ces affiches, le train fumant n’y est presque jamais représenté, laissant la primauté à la nature. Enfin, elles sont aussi d’un grand intérêt car ce sont de véritables œuvres d’art créées par des artistes et dont le style évolue sans cesse.

          Une première forme est l’affiche fragmentée ou “Belle Époque”, que l’on retrouve fréquemment entre la fin du XIXe siècle et la Première Guerre mondiale. Le découpage en vignettes, figurant plusieurs lieux, permet au futur touriste de planifier un parcours de visite.


Paul Bories, Touristes, visitez le Lot, lithographie, papier, affiche, 104×75 cm, vers 1920, localisation inconnue.
© Archives départementales du Lot. Photo Nelly Blaya.

          Par la suite et jusqu’aux années 1920, l’affiche-tableau apparaît, caractérisée par des bordures colorées et unies. Le travail de Charles-Jean Hallo et Constant Duval en sont de parfaits exemples pour le Lot. Charles-Jean Hallo (1882-1969), dit Alo, est un affichiste, dessinateur et photographe français.
          Il produit trois affiches-tableaux pour le Lot : Rocamadour (1921), Saint-Céré (1927) et le Pont Valentré (1928).

          Pour les réaliser, il fait des croquis sur place afin de s’imprégner de l’ambiance. Ainsi, les affiches valorisent le paysage et le bâti, mais aussi la vie quotidienne, comme comme le montrent les personnages sur celle du pont Valentré. Sur cette dernière, les volutes des nuages rappellent l’Art nouveau, courant produisant aussi des affiches publicitaires, et attestent ainsi de la culture artistique de son auteur.

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