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La famille Bissière à Boissierette

Maison familiale de Roger Bissière, «Boissierette», Photo Nelly Blaya.

Roger Bissière

          Artiste incontournable du XXe siècle, Roger Bissière, doté d’une personnalité complexe et créative, est né le 22 septembre 1886 à Villeréal (Lot-et-Garonne). Il a navigué entre différents courants artistiques comme le Cubisme, le Post-Cubisme et l’art abstrait.

          La recherche de son art l’a poussé dans le Lot, à « Boissierette », petit hameau rattaché à Marminiac entouré de champs et de forêts aux couleurs multiples. Il a hérité de ce lieu-dit en 1914 et s’y installe définitivement en 1939.

          Alors qu’il se réfugie à « Boissierette », l’artiste représente sa maison, notamment à travers les peintures suivantes : Boissierette VIII ainsi que Boissierette. Ces deux tableaux représentent le havre de paix qu’a trouvé l’artiste dans le Lot. Les couleurs font référence à celles trouvées dans le paysage entourant le hameau. Roger Bissière n’hésite pas à puiser dans le Cubisme et découpe en formes géométriques variées ce qu’il voit. Le spectateur entre dans un univers double, coloré et apaisé.

          Boissierette VIII renvoie à un lieu accueillant, empli de sérénité, qui permet l’évasion de la pensée en se laissant guider par les couleurs de la nature. Boissierette donne une impression de rêve, de flottement et de légèreté. Le spectateur peut s’accorder de rêver devant cette œuvre qui lui ouvre les portes d’un imaginaire multicolore.

          Roger Bissière a su représenter par son propre prisme le paysage qui l’entourait avec ses multiples couleurs. Il décède le 2 décembre 1964 dans sa maison familiale. Ce dernier a pu transmettre son talent à ses descendants et notamment son fils Marc-Antoine Bissière dit Louttre.B.


Louttre.B

Louttre.B, Torrent de campagne,
huile sur toile, 100×100 cm, 1994, collection privée.
© Adagp, Paris, 2021.

          Fils du peintre français Roger Bissière, Louttre.B est né le 15 juillet 1926 à Paris. Il découvre la nature et le travail de la terre à « Boissierette » et affectionne particulièrement les traditions rurales et les paysages de la région. Il s’inspire de nombreux courants artistiques comme l’art roman, l’Impressionnisme, l’art populaire et le Fauvisme. En 1949, il repart vivre à Paris et se réinstalle ensuite à « Boissierette » en 1962. Dès son retour dans le Lot, il produit en grande quantité des œuvres en lien avec l’environnement, tant en peinture qu’en sculpture. Les couleurs de sa peinture sont souvent empruntées aux divers paysages observés et retranscrits avec une manière dans un premier temps proche de l’abstraction, puis sous une forme de figuration déclinée et renouvelée en permanence.

          Sur sa toile Torrent de campagne, son amour pour la ruralité s’entremêle avec son amour des paysages lotois à travers la représentation mentale d’une campagne qui semble en mouvement. Louttre.B ne peint pas ce qu’il voit mais ce qu’il ressent. Dans cette œuvre, ainsi que dans la plupart de son travail, il faut noter l’absence de perspective. En effet, les décors et les paysages se confondent entre eux, les rabattements au plan et le travail des couleurs, qui construisent réellement les formes du tableau, sont caractéristiques de sa peinture.

          La sculpture de Louttre.B est toujours en lien avec son environnement. Elle s’inscrit dans celui-ci, faisant apparaître un « nouveau » paysage dans ce paysage, comme on peut l’observer dans son œuvre les 12 sculptures monumentales à « Boissierette », réalisée en 1966 après le décès de son père. L’hypothèse est que la réalisation pendant un an de ses douze sculptures en béton est peut-être l’accomplissement d’un deuil.
          Louttre.B a participé à la renommée et la continuité du patrimoine lotois à travers une grande partie de ses œuvres peintes et de ses sculptures monumentales qui s’élèvent dans le département. Il s’éteint le 6 avril 2012, laissant derrière lui un immense héritage culturel.

Louttre.B, 12 sculptures monumentales, sculptures en bois, béton teinté, coulé et taillé, dimensions inconnues, 1996, « Boissierette ».
© Adagp, Paris, 2021. Photo Nelly Blaya.

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