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Anthropocène

          L’art anthropocène apparaît dans les années 2000. Paul Ardenne, historien de l’art et commissaire d’exposition, définit l’anthropocène comme une forme d’art liée au monde naturel qui dénonce les impacts de la pollution et du changement climatique.

NeoConsortium, In Memoriam Petroleum, octobre 2020, Cahors Juin Jardins. ©NeoConsortium.

          En somme, les artistes dénoncent les répercussions de la crise climatique en proposant des œuvres qui marquent les esprits des spectateurs. Cet art apparaît au XXe siècle, mais c’est principalement au XXIe siècle que les enjeux écologiques, le respect de l’environnement et l’équilibre des multiples écosystèmes sont au cœur des préoccupations des artistes.
          Dans le Lot, ce nouveau courant artistique prend sa place grâce au festival Cahors Juin Jardins et son édition 2020 intitulée « Symbiose, une renaissance de l’entraide ». Reporté en octobre 2020, la quinzième édition proposait de revenir sur les actions « art-nature-citoyenneté » (Cahors Juin Jardins, édito « Symbiose, une renaissance de l’entraide » , 2020) menées au cours de l’année. Plusieurs artistes y ont présenté leurs œuvres, soulevant les questions de l’environnement et du durable dans notre pays, comme Francis Hallé, parrain de l’édition. Ainsi, Mireya Samper, Marc Petit, Stéphanie Bologna ou encore le collectif NeoConsortium ont proposé des œuvres placées à Cahors et ses alentours. Ces derniers ont réalisé l’une des œuvres les plus emblématiques de ce festival.
          Le NeoConsortium est une entreprise multinationale fictive, composée de différents bureaux. L’œuvre In memoriam Petroleum par le « Bureau de l’Anticipation des Désastres » est un « moduloform mémoriel » – construction anguleuse à formes modulables déclinable à l’infini – qui critique l’économie des hydrocarbures. Cette sculpture a été inaugurée le 3 octobre 2020 au pied du pont Valentré. Il commémore la dixième année du renoncement à l’exploitation du gaz de schiste dans le département du Lot. L’extraction de l’huile de schiste aurait profondément bouleversé le paysage du département et détruit les écosystèmes.
          Afin de faire correspondre In Memoriam Petroleum à leur philosophie, le collectif a mis en place une vente aux enchères ironique pour “soutenir les compagnies pétrolières et leurs actionnaires”. Les fonds récoltés seront versés au laboratoire de L’Observatoire de l’obsolescence pétrolière qui souhaite aider les compagnies à faire des plateformes offshore (en Mer du Nord) des lieux d’histoire et de culture.

          Les œuvres réalisées par les artistes appartenant au courant anthropocène peuvent-elles conduire à une prise de conscience collective et faire avancer les actions citoyennes pour protéger l’environnement ?

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