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Qui sommes-nous ?

Nous sommes treize étudiant(e)s en Master 2 Histoire de l’Art, parcours Patrimoine de l’Université Toulouse – Jean Jaurès, basé au Centre Maurice Faure de Cahors. Nous avons pour mission d’étudier et de valoriser le patrimoine lotois, ce que nous prenons très à cœur puisque nous sommes la dernière promotion de ce master. Enthousiastes et volontaires, nous sommes issu(e)s de parcours très variés : histoire, histoire de l’art, archéologie, événementiel, médiation, audiovisuel, arts plastiques.

Maïlys Bonnet
Pauline Chopy
Ronny Despature
Adrien Fabre
Gabrielle Iturrioz
Maëlyse Saint-Léger
Mathilde Tavella
Mallaury Chaume
Graziella Epito
Mathilde Dumay
Laure Foro
Manon Roumégoux-Rouvelle
Chloé Saur

Un projet réalisé par les étudiants du master Histoire de l’art, parcours Patrimoine,
promotion 2019-2021.

© Master Patrimoine 2019-2021

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Livret

          Le livret « Le Lot, terre de créations. Les relations entre l’art et le paysage de 1850 à nos jours » est l’un des deux éléments de notre projet de valorisation du mémoire de première année de master. Il reprend les grandes thématiques unissant l’art et le paysage en se consacrant sur certaines œuvres abordées lors de nos recherches.

          Cet ouvrage représente l’aboutissement de deux ans de travail pendant lesquels nous avons collaboré ensemble mais également avec des artistes, des professionnels et des professeurs.

Nous sommes aujourd’hui fières et fiers de vous présenter notre ouvrage.

Les étudiants du Master Patrimoine, promotion 2019-2021.
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Mémoire

          Cette exposition et ce livret se basent sur le travail de recherche réalisé durant la première année de master de la promotion 2019-2021. C’est ainsi qu’en avril 2020 le mémoire de recherche « Art et paysage dans le Lot, de la fin du XIXe siècle à nos jours » fut terminé et soutenu par les étudiants au mois de septembre.

          Ce mémoire de recherche présente la relation entre l’art et le paysage de 1850 à nos jours dans le Lot. En effet, les artistes trouvent dans le paysage une source de création qui leur permet de réaliser des œuvres représentant, s’inspirant ou s’inscrivant dans ce paysage. À travers cette étude, de multiples médiums sont abordés comme la peinture, la sculpture, les installations, la photographie, la tapisserie, les affiches ferroviaires…

          Ce travail universitaire, composé de trois volumes (textes, iconographies et annexes), est disponible pour les étudiants ainsi que les professeurs de Toulouse sur la plateforme Dante (dépôt et archivage numérique des travaux étudiants). Pour cela, il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous et d’entrer vos identifiants UT2J.

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Anthropocène

          L’art anthropocène apparaît dans les années 2000. Paul Ardenne, historien de l’art et commissaire d’exposition, définit l’anthropocène comme une forme d’art liée au monde naturel qui dénonce les impacts de la pollution et du changement climatique.

NeoConsortium, In Memoriam Petroleum, octobre 2020, Cahors Juin Jardins. ©NeoConsortium.

          En somme, les artistes dénoncent les répercussions de la crise climatique en proposant des œuvres qui marquent les esprits des spectateurs. Cet art apparaît au XXe siècle, mais c’est principalement au XXIe siècle que les enjeux écologiques, le respect de l’environnement et l’équilibre des multiples écosystèmes sont au cœur des préoccupations des artistes.
          Dans le Lot, ce nouveau courant artistique prend sa place grâce au festival Cahors Juin Jardins et son édition 2020 intitulée « Symbiose, une renaissance de l’entraide ». Reporté en octobre 2020, la quinzième édition proposait de revenir sur les actions « art-nature-citoyenneté » (Cahors Juin Jardins, édito « Symbiose, une renaissance de l’entraide » , 2020) menées au cours de l’année. Plusieurs artistes y ont présenté leurs œuvres, soulevant les questions de l’environnement et du durable dans notre pays, comme Francis Hallé, parrain de l’édition. Ainsi, Mireya Samper, Marc Petit, Stéphanie Bologna ou encore le collectif NeoConsortium ont proposé des œuvres placées à Cahors et ses alentours. Ces derniers ont réalisé l’une des œuvres les plus emblématiques de ce festival.
          Le NeoConsortium est une entreprise multinationale fictive, composée de différents bureaux. L’œuvre In memoriam Petroleum par le « Bureau de l’Anticipation des Désastres » est un « moduloform mémoriel » – construction anguleuse à formes modulables déclinable à l’infini – qui critique l’économie des hydrocarbures. Cette sculpture a été inaugurée le 3 octobre 2020 au pied du pont Valentré. Il commémore la dixième année du renoncement à l’exploitation du gaz de schiste dans le département du Lot. L’extraction de l’huile de schiste aurait profondément bouleversé le paysage du département et détruit les écosystèmes.
          Afin de faire correspondre In Memoriam Petroleum à leur philosophie, le collectif a mis en place une vente aux enchères ironique pour “soutenir les compagnies pétrolières et leurs actionnaires”. Les fonds récoltés seront versés au laboratoire de L’Observatoire de l’obsolescence pétrolière qui souhaite aider les compagnies à faire des plateformes offshore (en Mer du Nord) des lieux d’histoire et de culture.

          Les œuvres réalisées par les artistes appartenant au courant anthropocène peuvent-elles conduire à une prise de conscience collective et faire avancer les actions citoyennes pour protéger l’environnement ?

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L’artiste qui se perd dans la nature

          D’abord promeneur, l’artiste qui devient randonneur accède à un rapport privilégié avec la nature. En effet, le paysage est une expérience polysensorielle. Notre perception de  l’environnement, la façon dont nous l’appréhendons et le ressentons change pour chaque individu. La marche, en plus d’être un loisir, un processus agréable, devient un outil de découverte. Ainsi, la randonnée est une méthode nécessaire à la création : l’artiste voyage, parcourt le monde et se nourrit de nouveaux paysages et de nouvelles expériences. Il s’immerge et s’imprègne, il s’inspire, il entraîne son regard et sa sensibilité.

Luc Lagasquie, Sans Titre, avril 2019, reproduit avec permission de l’artiste. Labastide-du-Vert, Sony A7RII, objectif 28-75 mm.
© Luc Lagasquie.

Luc Lagasquie, un artiste connecté

          Luc Lagasquie l’a bien compris, la randonnée est un excellent moyen de produire de bonnes photographies : les forces physiques s’usent tandis qu’elles refoulent les pensées inutiles, rendant ainsi l’esprit plus libre, disponible et créatif. Il s’agit ici de perdre ses repères, pour finir par associer son cheminement physique avec son cheminement mental.

          L’artiste partage ses promenades sur Internet, notamment sur les plateformes Instagram et Facebook. Avec l’apparition du Web, le rapport à l’art change complètement, puisqu’il est maintenant accessible à tout le monde. Beaucoup d’images et de vidéos circulent sur la toile et font l’objet d’une consommation rapide : les utilisateurs ne passent pas plus de quelques secondes sur une photographie qui peut avoir pris des heures d’attente et de travail à l’artiste. Il lui faut donc redoubler d’efforts pour produire des clichés qui attirent l’œil et qui méritent que le spectateur les retienne.

Luc Lagasquie, Sans Titre, décembre 2015, reproduit avec permission de l’artiste. Saint-Cirq-Lapopie, Fujifilm X-T1, objectif 35 mm.
© Luc Lagasquie.

          Une conséquence non négligeable découle du travail de Luc Lagasquie : en montrant aux habitants la beauté du territoire dans lequel ils habitent et évoluent, ils deviennent plus conscients de la cause environnementale.  Ainsi, bien que ce ne soit pas ce dont l’artiste parle directement sur les réseaux sociaux, ses photographies ont des répercussions positives et rappellent aux lotois de prendre soin de cette nature à la fois forte et fragile.

Quand on sensibilise les gens à leur territoire, on les sensibilise aussi à la protection de ce dernier.

Luc Lagasquie

        


Alice Freytet et la Roulotoise

          Chez Alice Freytet, la marche est une pratique naturelle, une échappatoire liée à un besoin de solitude et de contacts réguliers avec la nature. Dans le cadre d’un travail de fin d’étude pour devenir Architecte-Paysagiste, l’artiste a inventé la Roulotoise, une machine permettant de dessiner en marchant. L’idée est ingénieuse : la Roulotoise est une boîte en bois se fixant à la taille et au sac à dos de l’artiste, avec des goulots remplis d’encres et de crayons et un long rouleau d’imprimerie qu’elle enroule et déroule au fur et à mesure de la randonnée. Tout doit être soigneusement pensé et calculé : la machine ne doit pas ralentir la marche et les encres, les peintures utilisées doivent sécher vite. Ainsi, l’artiste peut totalement s’immerger dans l’environnement dans lequel elle évolue, parcourir cette expérience sensible et la transformer en art.
          C’est en dessinant le paysage qu’elle peut réellement comprendre et interpréter ce qu’elle voit et imaginer les possibilités d’aménagements. Le résultat est surprenant : Alice Freytet obtient un dessin long de plusieurs mètres figurant les différents paysages qu’elle a traversés au cours de sa randonnée. Grâce à sa formation elle dessine très rapidement, ce qui donne l’impression d’un dessin à peine croqué et en même temps étonnamment travaillé. Les alternances entre les esquisses très simples, les dessins plus détaillés et fournis, les grandes taches d’encres de couleurs, la ville et la campagne, et les différentes perspectives, cassent la monotonie du rouleau et amènent un équilibre.

Pour voir le rouleau, défilez l’image à l’aide des flèches ou de votre souris. Vous pouvez aussi cliquer sur « show menu » puis « start auto rotate » pour le faire défiler automatiquement.
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Alice Freytet, Rouleau de Bégoux, papier, crayon, acrylique, encre et fusain, 1,100×30 cm, 14 juin 2014, Cahors Juin Jardins. © Alice Freytet. Photo Nelly Blaya.

« Mon corps est le premier récepteur, la machine retranscrit »

Alice Freytet
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Des institutions qui participent au développement des pratiques du paysage

          L’évolution des pratiques artistiques du paysage dans le Lot est aussi stimulée par l’inauguration de résidences d’artistes. Le département dispose de deux de ces structures : les Ateliers des Arques dans le village des Arques et les Maisons Daura à Saint-Cirq-Lapopie.

          Les Ateliers des Arques est une résidence-association existant depuis 1988. Ils accueillent des artistes en résidence dans le village tous les ans de mars à juin. Peintres, sculpteurs, performeurs ou encore photographes sont sélectionnés et invités à mener des expérimentations plastiques. Les ateliers leur permettent aussi, à travers des expositions collectives organisées chaque été, de bénéficier de la diffusion de leurs œuvres et donc d’une reconnaissance de leur travail. En faisant découvrir leurs productions dans un espace à l’extérieur, les artistes favorisent l’échange avec le visiteur ainsi que la visibilité des productions. À travers cela, ils affirment également leur volonté de partager avec les habitants des créations différentes de ce qu’ils peuvent avoir l’habitude de rencontrer dans des institutions traditionnelles. Ils contribuent donc à une sensibilisation du public à ce genre de pratiques contemporaines.

Séverine Hubard, Constellation (n°1), 30 bornes solaires, 2016.
© Séverine Hubard. Photo Nelly Blaya.

          Lors de ces expositions, certains artistes investissent le village des Arques, comme Séverine Hubard, alors que d’autres choisissent d’exposer ailleurs dans le département. Cette artiste plasticienne née en 1977 à Lille a conçu plusieurs œuvres dans le cadre de sa résidence en 2016. Deux de ces installations – situées de part et d’autre du village – ne sont cependant pas visibles le jour. En effet, Constellation (n°1) et Constellation (n°2) sont composées de trente bornes solaires disposées au sol, elles ne s’activent donc qu’une fois la nuit tombée. Peu de personnes extérieures font la démarche de se déplacer jusqu’au site durant les horaires de fonctionnement, ces œuvres sont en ce sens principalement installées pour les habitants. La visibilité des étoiles la nuit dans ce village, par rapport à ce qu’il est possible d’observer en ville, l’a inspirée pour ce projet. L’artiste présente de manière singulière et poétique l’admiration qu’elle porte aux particularités du lieu dans lequel elle a séjourné.
          Par la diffusion d’œuvres inspirées du contexte local et par les relations qu’engendrent ces manifestations, ces structures contribuent au développement de pratiques artistiques nouvelles qui interagissent avec le paysage du département. La variété des problématiques traitées par les artistes et les résidences témoigne d’une effervescence culturelle active.
          En faisant découvrir leurs productions dans un espace à l’extérieur, les artistes favorisent l’échange avec le visiteur.

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L’art mural contemporain dans le paysage lotois

          Depuis la deuxième moitié du XXe siècle, les artistes, en inscrivant leur art sur les murs naturels ou urbains de leur territoire, ont placé leur représentation au sein même du paysage. En parfaite harmonie avec leur environnement, les plasticiens laissent une trace de leur passage sur un espace déjà anthropisé.

Les sculptures de Daniel Monnier

Daniel Monnier, Les bas-reliefs du mur de halage, sculpture, 50 m2 , entre 1985 et 1989, Bouziès.
© Daniel Monnier. Photo Nelly Blaya.

          Daniel Monnier est un sculpteur toulousain qui a réalisé Les bas-reliefs du mur de halage, reliant Bouziès à Saint-Cirq-Lapopie, entre 1985 et 1989.
          Le chemin de halage est construit en 1845. Utilisé par les chevaux, il permettait aux bateaux à fond plat (ou gabarres) de remonter les courants du Lot. En direction de Bordeaux, il garantit le commerce et le transport de marchandises locales (vins, prunes séchées, production des tourneurs sur bois).
          Découvrant le département du Lot, Daniel Monnier souhaite réaliser une œuvre dans ce paysage si singulier. L’artiste entreprend alors un travail qu’il ne qualifie pas de professionnel mais réalise ses sculptures en tant que passionné et amoureux de ce paysage. Le sculpteur a laissé place à son imagination pour cette production relatant l’histoire de la rivière Lot et de son environnement. Il y représente la rivière, sa faune, sa flore et ses fossiles. Ces bas-reliefs sont donc une mise en abyme, une représentation d’un paysage dans son paysage.

Daniel Monnier, Les bas-reliefs du mur de halage, sculpture, 50 m2 , entre 1985 et 1989, Bouziès.
© Daniel Monnier. Photo Nelly Blaya.

          Daniel Monnier confirme et assure la vocation patrimoniale de son travail. En effet, le chemin de halage est un endroit exceptionnel qui mêle la chaleur de la pierre et l’humidité de la rivière Lot. Inconnus dans les années 1980, le mur et la falaise sont aujourd’hui très appréciés par les randonneurs. Inscrite dans ce paysage lotois emblématique, l’œuvre est, grâce à l’artiste, en parfaite harmonie avec son environnement.


Les  peintures de Didier Chamizo

          Le Mur 2 Douelle, long de cent vingt mètres, est le deuxième plus grand mur peint d’Europe. Positionnée face à la rivière Lot, l’œuvre de Didier Chamizo, enfant du pays et artiste international, transforme le paysage du centre-ville de Douelle.
          Le peintre est un des pionniers de la Figuration libre qui puise son inspiration dans la vie quotidienne, estompant les frontières entre l’art, la mode et le rock’n roll. Le Mur 2 Douelle est animé par l’humour, l’ironie et la joie de vivre qui caractérisent l’artiste et son mouvement.
          La peinture murale raconte l’histoire des vins de Cahors depuis Osiris en Égypte ancienne à nos jours, en passant par Jules César. Car d’après une légende urbaine, ce serait Jules César (ou un de ses centurions) qui aurait importé le premier plant de vigne dans la région.
          La présence de nombreux personnages provenant de différents contextes amène à des scènes et situations originales qui conduisent à une réinterprétation de l’histoire et de la littérature. À travers la représentation des gabarres naviguant sur le Lot et des vignes emblématiques du territoire, le paysage lotois s’impose sur le mur. Il évolue au fil de la narration et les gabares sont remplacées par des bateaux de plaisance, le département se modernise.
          Didier Chamizo montre le Lot comme une terre de vie, où l’histoire du vin rassemble les populations autour de cette fierté régionale.

Pour voir le panorama, défilez l’image à l’aide des flèches ou de votre souris. Vous pouvez aussi cliquer sur « show menu » puis « start auto rotate » pour le faire défiler automatiquement.
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La valorisation du petit patrimoine lotois à travers la peinture

          Si le pont Valentré, la cathédrale Saint-Étienne de Cahors ou même le village de Saint-Cirq-Lapopie sont des motifs artistiques récurrents, le petit patrimoine local n’est pas pour autant délaissé. Il participe tout autant que les monuments emblématiques à la singularité du paysage et façonne l’environnement lotois. Cet héritage retrace l’histoire, les activités, les religions et la vie quotidienne des populations qui ont su s’approprier ce territoire.

          L’originalité du bâti lotois est en grande partie due aux techniques et matériaux de construction. Les particularités de l’architecture du petit patrimoine sont l’héritage d’un art de bâtir avec des savoir-faire multimillénaires, de la manipulation des monolithes, aux recettes antiques des mortiers des fontainiers et jusqu’à l’art intemporel de la pierre sèche.

Les caselles immortalisées par les
peintures de Laurence Saunois 

Laurence Saunois, Caselle du lac de Lacam, huile sur toile, dimensions inconnues, entre 1998 et 2003, localisation inconnue.
© Laurence Saunois.

          Laurence Saunois, née en 1966, est une artiste figeacoise spécialisée dans la peinture animalière et de paysage. Elle cherche, à travers certaines peintures, à mettre en valeur les richesses du département. Lors de promenades, elle remarque l’importante présence de petits patrimoines lotois du département.
          L’artiste affirme un intérêt particulier pour les caselles, datant des XVIIIe et XIXe siècles, qui sont toujours conservées aujourd’hui. Les caselles ou gariottes sont à l’origine des aménagements temporaires, elles sont souvent associées à des murets d’épierrement. On en trouve dans la moitié des départements français mais les appellations « caselle » et « gariotte » sont spécifiques au Lot. Ces constructions si atypiques servent lors de leur création de logement pour berger, de pigeonnier, d’étable, ou même de remise.


Les galets d’Anne Turlais

Anne Turlais, Galet, huile sur papier, 57×73 cm, 2004-2005, localisation inconnue.
© Anne Turlais.
Anne Turlais, Galet, huile sur toile, 100×100 cm, 2004-2005, localisation inconnue.
© Anne Turlais.

Il est rare de trouver des galets isolés. Ils ont besoin de frottements pour exister. Les uns aux autres liés, pour s’adoucir au gré des courants. De cette lente érosion commencée par le feu et l’air, ces bouts de falaises, de montagnes, de volcans s’arrondissent au fil de l’eau.

Anne Turlais

          À travers la vision de l’artiste, le galet s’affirme en tant que morceau de paysage à part entière. Son origine, son histoire et sa transformation le lient à son environnement. Cette pierre invisible aux yeux d’un passant a un intérêt patrimonial majeur, dans une région où la rivière Lot conditionne la vie des locaux depuis des générations.

Anne Turlais, Galet, huile sur papier, 20×20 cm, 2004-2005, collection privée.
© Anne Turlais. Photo Nelly Blaya.

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Katia Weyher, le sentiment du paysage

Katia Weyher, Vue de quai Jean Lagrive, acrylique sur toile, 67×87 cm, 2019, Aujols.
© Katia Weyher. Photo Nelly Blaya.

          Artiste diplômée des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, Katia Weyher est une peintre russe habitant aujourd’hui dans le Lot. En tant qu’étrangère, elle apporte un regard nouveau sur un pays et un paysage très différents de ce qu’elle a connu par le passé. En venant s’installer à Aujols, Katia Weyher s’est entourée d’un paysage chargé d’histoire, plein d’énigmes, de surprises et de monuments emblématiques. Ainsi, le lien presque intrinsèque entre le paysage et le patrimoine est primordial dans son œuvre. Pour elle, la construction d’une relation entre l’artiste et le paysage ne se fait pas uniquement à travers l’observation de l’environnement, mais aussi par la contemplation de sa géologie, de son histoire et de ses habitants.
          

Katia Weyher, St. Cirq-Lapopie. Le ciel rose, huile sur toile, 50×60 cm, 2005, Aujols. © Katia Weyher. Photo Nelly Blaya.

          Extrêmement à l’écoute de ses émotions et de ses ressentis, la peintre ne représente que les paysages pour lesquels elle éprouve une attirance particulière. Katia Weyher compare sa manière de peindre à la technique de l’écriture automatique pratiquée par les écrivains surréalistes : elle utilise la peinture comme un véritable instrument afin d’exprimer un état d’esprit au spectateur, et ce sans avoir besoin de mots. L’assemblage des différentes touches de couleur fonctionne comme un réel langage visuel : c’est ainsi qu’elle obtient des œuvres au rendu vif et expressif. Ainsi, même si elle réfléchit à la composition de ses tableaux, les couleurs choisies semblent être directement liées aux émotions éprouvées sur place. Ses œuvres sont donc à interpréter, il faut comprendre ce qu’elles suggèrent, provoquent, et évoquent chez l’artiste ainsi qu’en nous-même.

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Jeffery Stride, un peintre le long du Lot

Jeffery Stride, Étincelle d’eau, pastel, 16×32 cm, date et localisation inconnues. ©Jeffery Stride. Photo Fabrice Bornes.
Jeffery Stride, Au dessus de St. Géry en été, huile sur toile, 81×116 cm.
©Jeffery Stride. Photo Fabrice Bornes.

          Jeffery Stride, peintre originaire d’Angleterre, porte beaucoup d’intérêt à la nature et aime représenter les paysages changeants du Lot. Il adapte sa technique en fonction du temps et du lieu et réalise des études préparatoires au pastel avant de les reprendre sur toile, en atelier. Pour les grands formats, il prépare une sous-couche durant environ un mois en structurant les éléments du tableau tout en cherchant les couleurs adaptées à l’atmosphère du site. L’artiste attache une grande importance à la facilité de réalisation de son œuvre et choisit des endroits en fonction de cela. Ce sont donc des lieux aisément accessibles en voiture ou en canoë et dans lesquels il peut revenir. Lorsqu’il peint sur le Lot, il fait attention à la dimension de sa toile et choisit le matériel adapté à sa situation.

Jeffery Stride, Au dessus de St. Géry en hiver, huile sur toile, 81×116 cm.
©Jeffery Stride. Photo Fabrice Bornes.


          Les paysages représentés par Jeffery Stride témoignent d’un intérêt pour les changements qu’opèrent les heures et les saisons sur l’environnement, il se rapproche ainsi de la pratique des artistes impressionnistes. L’évolution des territoires l’intéresse également, c’est pour cela qu’il peint, depuis le même point de vue, à différents moments de la journée ou de l’année, comme en attestent des œuvres telles que Au dessus de St. Géry en été et Au dessus de St. Géry en hiver.
          L’artiste ne cherche pas à représenter chaque détail visible mais s’applique à interpréter ce qu’il ressent dans ces lieux. Cela permet à Jeffery Stride de formuler des visions peu communes de ces paysages, où l’observateur est invité à s’immerger. L’espace pictural est dominé par les éléments naturels qui nous apparaissent comme harmonieux.